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Un peu d’histoire...

Le protestantisme en pays aixois : points de repère

Malgré la terrible répression qui s’est abattue sur les « Vaudois  », installés dans le Luberon depuis le XV° siècle (Le village de Mérindol est rasé, 19 de ses habitants brûlés vifs), la réforme de Luther, de Zwingli puis de Calvin se propage en France et trouve un terrain favorable en Provence.

La naissance de la communauté protestante d’Aix est associée à la présence du pasteur Claude Boissier en 1557. En l’absence de local, le conseiller François de Génas offre son jardin, situé hors de la ville, où s’élève aujourd’hui l’église des Oblats, place Forbin. C’est sur ce terrain, au pied d’un grand pin, que les protestants viennent chanter les psaumes mis en français par Clément Marot.

La période de paix est de courte durée. En 1561 l’échec de Poissy laisse le champ libre aux horreurs de « la Saint-Barthélemy provençale  ». À l’instigation de Durand de Pontevès, premier consul, connu sous le nom de « Flassans », une bande d’égorgeurs se met à l’œuvre. Ils se saisissent des protestants et par une cruelle ironie, pendent leurs victimes aux branches du pin sous lequel ils tenaient leurs assemblées.

La situation se retourne provisoirement en faveur des protestants. Mais la trêve ne résiste pas longtemps. Le 25 avril 1562, les soldats huguenots perturbent le pèlerinage de la Saint-Marc en truffant le parcours de graines d’épinards dont les pointes acérées blessent les pieds nus des marcheurs. Le 3 Mai 1562, les pénitents noirs répliquent par des volées de cailloux. Ils blessent et dispersent les soldats du corps de garde. Sous des dehors folkloriques « la journée des cailloux » et « la journée des épinards » annoncent les drames à venir. Bientôt les tueries reprennent de plus belle.

La Provence échappe aux horreurs de la Saint-Barthélemy perpétrée à Paris le 24 août 1572. Elle les a subies dix ans plus tôt. En revanche elle affrontera la cruauté du Duc d’Epernon qui, après Cannes et Antibes, met le siège devant Aix, sans parvenir à s’en emparer. Il faudra l’autorité d’Henri IV pour le faire sortir de Provence. Le duc ne s’exécutera que le 27 Mai 1596 après avoir saccagé le pays.

L’édit de Nantes, signé le 13 avril 1598 par Henri IV, n’est enregistré, par le parlement de Provence, que le 23 janvier 1601. Les libertés qu’il accorde aux protestants sont réduites. Elles se bornent à la liberté de conscience et à la liberté de culte en quelques lieux seulement. À Aix, un cimetière est établi à la demande de « ceux de la religion prétendue réformée ». Pour les protestants Aixois le lieu d’assemblée le plus proche est situé à Velaux, soit à 30 Kms environ !

Louis XIV met un terme brutal à cette parenthèse Les prémices de la révocation de l’édit de Nantes ne tardent pas : dès 1659 les synodes nationaux sont supprimés. Puis, en 1664, le Parlement refuse aux protestants l’accès aux charges municipales. Viennent ensuite la confiscation des biens des relaps (ceux qui sont retombés dans l’hérésie), l’interdiction des enterrements de jour, des mariages mixtes etc…À partir de 1681 Louvois lance les dragonnades. La violence soldatesque porte ses fruits amers. La communauté protestante d’Aix est bientôt réduite à 37 membres. Fin octobre 1685 ils ne sont plus que 29. Le 21 octobre 1685, la destruction du cimetière protestant d’Aix est ordonnée.

De la révocation de l’édit de Nantes à nos jours

Avant la révocation de l’édit de Nantes, la Provence compte 72.000 protestants. Dans les deux ans qui suivent 15.000 d’entre eux partent en exil. En Allemagne, les huguenots relèvent des villages détruits de la guerre de Trente ans. La ville de Berlin comptera un Français huguenot pour cinq Berlinois de souche.


Malgré les abjurations forcées (8 à Aix, 93 enregistrées à Velaux), les protestants sont nombreux à maintenir leur foi. Ils réussissent même à reconstituer certaines structures ecclésiales. Ils surnomment «  Eglise du désert » cette église clandestine. Lorsque les assemblées du « désert » sont découvertes par les troupes royales, les hommes sont envoyés aux galères, les femmes emprisonnées, les enfants enlevés et rebaptisés.

Entre 1760 et 1787 une certaine tolérance s’installe grâce à l’action des philosophes. Voltaire obtient en 1765 la réhabilitation de Jean Calas accusé du meurtre de son fils, converti au catholicisme. En 1769, les dernières prisonnières de la Tour de Constance sont libérées. Le pasteur Paul Rabaut qui incarne la résistance du « Désert » multiplie les démarches auprès des autorités. Finalement l’édit de Versailles dit « édit de tolérance » est signé par le roi Louis XVI en 1787. Il se borne à l’état civil, mais « autorise l’espérance’".

Il faut attendre la déclaration des droits de l’homme en août 1789, pour que la communauté protestante soit réintégrée de plein droit dans la Nation. Ce qui ne signifie pas la fin des épreuves. L’épisode de la Terreur et du culte de « l’être suprême » voulu par Robespierre renverra les protestants dans la clandestinité jusqu’en 1795.

Au lendemain de Marengo, Bonaparte décide de garantir la paix religieuse. Les lois organiques d’avril 1802 consacrent l’égalité des Français devant la loi. Le Concordat est accueilli avec une immense joie par le peuple réformé. Il n’y a que deux postes pastoraux dans les Bouches du Rhône, un pour Marseille, un pour les églises rurales, dont Aix. Pour la première fois les pasteurs sont payés par l’Etat. 214 postes sont pourvus. La paroisse d’Aix reprend vigueur : le recensement de 1840 comptabilise 85 protestants. Ils sont 243 dix ans plus tard.


Le XIX° siècle voit un clivage s’opérer dans la théologie protestante. Autour du « Réveil », deux courants s’affrontent : les protestants dits « évangéliques » qui veulent s’en tenir à la doctrine du XVI°siècle, centrée sur la méditation de la Bible, et les protestants dits « libéraux  » qui insistent sur la confrontation de la foi et de la raison. Le temple de la rue de la Masse à Aix est inauguré le 23 juillet 1876.

À l’aube du XX° siècle, l’âpre polémique née de la liberté d’association et de la volonté de réduire l’emprise des congrégations religieuses aboutit à la promulgation de la loi dite de « séparation des Eglises et de l’Etat » le 9 décembre 1905. Dés 1906 les Eglises protestantes se constituent en associations cultuelles. Dans l’ensemble, les protestants et les israélites sont satisfaits d’une loi de liberté qui les place à égalité avec les catholiques.

La nécessité de parler d’une même voix suscite entre 1904 et 1905 la création de la Fédération protestante de France. Cette tendance au rassemblement se poursuit en 1938 avec la constitution de l’Eglise Réformée de France (ERF). Elle regroupe une majorité d’églises locales. Toutefois, une quarantaine d’églises réformées évangéliques, surtout établies dans le midi, refusent d’adhérer, pour des raisons doctrinales. À Aix-en-Provence, l’assemblée générale de la paroisse réformée évangélique de la rue de la Masse se prononce, elle aussi, contre le projet d’union. Désireuse de rejoindre l’Eglise réformée de France, la minorité fait sécession. Elle se réunit dans un hôtel, puis dans un local rue des Bernardines et finit par acquérir en 1955 l’ancienne synagogue de la rue Mazarine, aujourd’hui le temple de la rue Villars.

Pendant la 2ème guerre mondiale, son pasteur, Henri Manen, avait largement participer, avec d’autres, à sauver des familles juives du camp des Milles.

Dès 1938, l’Eglise Réformée de France s’est largement engagée aussi dans le mouvement oecuménique mondial travaillant à la réconciliation des Eglises, notamment au sein du Conseil Mondial des Eglises.

Dès l’après-guerre, s’enclenche un processus de rapprochement et de communion avec l’Eglise Évangélique luthérienne de France, qui aboutit en 2013 à l’union des deux Eglises : l’Eglise Protestante Unie de France.

Aujourd’hui, sur Aix en Provence, outre les trois Eglises soeurs issues de l’histoire (Eglise protestante unie de France, Eglise Réformée évangélique et Eglise évangélique libre), sont implantées diverses Églises évangéliques et pentecôtistes, ainsi que la faculté de théologie Jean Calvin, issue de la mouvance réformée évangélique.

L’Eglise protestante unie du Pays d’Aix développe aujourd’hui des liens avec les autres religions dans le cadre de Croyants dans la cité. A travers son association d’ENTRAIDE, elle soutient localement le travail de la CIMADE et du collectif AGIR, ainsi que divers projets missionnaires dans le monde. Elle s’engage dans diverses actions culturelles (journées patrimoines, expositions, concerts, conférences...), tout en gardant au centre de sa foi et de son engagement : l’ancrage dans la Bible et la célébration de Jésus-Christ.